Sandy Surace Domenech art-therapie coaching psy Sandy Surace Domenech

Psycho-analyste clinicienne & Art-thérapeute
Hypnose Ericksonienne & ECI© • PNL • STILBIL® (EMDR+)
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Le Deuil blanc (sans décès)

Date de publication : 30/06/2026

Le Deuil blanc (sans décès)

Et si votre souffrance était un deuil… sans décès ?

Il arrive parfois qu'un changement de vie engendre une souffrance intérieure, plutôt dans le ventre, dans l'estomac.. comme un chagrin, un mauvais mood. L'émotion est là présente, elle colle et on ne sait pas trop pourquoi car on le voulait ce déménagement, ce changement de vie... et pourtant cela ressemble à un deuil...blanc.

Sur le papier, cela paraît simple, je déménage... dans la réalité, avant chaque nouveau départ, il existe souvent une étape dont on parle très peu, le deuil blanc.

Au cabinet, je rencontre des personnes qui me disent : “Je ne sais pas ce que j’ai… pourtant personne n’est mort.” Et pourtant, elles souffrent profondément, parce qu’elles vivent un deuil invisible.

Qu’est-ce qu’un deuil blanc ?

Le deuil blanc désigne la perte d’une personne, d’une situation ou d’une partie de soi… sans qu’il y ait forcément un décès, le psychiatre Serge Tisseron et de nombreux cliniciens décrivent ces pertes invisibles comme de véritables processus de deuil, bien qu’ils soient rarement reconnus socialement.

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On peut vivre un deuil blanc après :

* une séparation ou un divorce ;
* une maladie chronique ou un handicap ;
* un burn-out ;
* une infertilité ou un parcours de PMA ;
* la naissance d’un enfant qui bouleverse complètement son identité ;
* le départ des enfants du foyer ;
* la perte d’un emploi ;
* une trahison ;
* un traumatisme ;
* ou simplement parce que l’on réalise que la vie que l’on imaginait n’existera jamais.

Personne n’est mort et pourtant...quelque chose en nous s’est éteint.

Nous ne pleurons pas seulement les personnes, nous pouvons aussi pleurer des changements :

* la femme ou l’homme que l’on était avant un traumatisme ;
* le corps que l’on avait avant une maladie ;
* le couple que l’on croyait construire ;
* l’enfance que l’on n’a jamais eue ;
* le parent que l’on aurait eu besoin d’avoir ;
* le futur que l’on imaginait.


Ces deuils sont souvent minimisés par la bonne copine ou notre entourage : “Tu devrais tourner la page“, "Il faut avancer", “Il y a pire", "c'est ton choix" etc..

Mais le cerveau, lui, ne fait pas cette distinction, le cerveau vit une perte..

Les recherches du neuropsychiatre Bessel van der Kolk montrent que notre système nerveux réagit avant tout à la perte de sécurité. Qu’il s’agisse d’un décès, d’une séparation, d’une maladie ou d’une trahison, le cerveau active les mêmes circuits de survie. L’amygdale reste en état d’alerte, le cortex préfrontal réfléchit sans cesse, le corps devient hypervigilant.

Comme le décrit Stephen Porges avec la théorie polyvagale, notre système nerveux peut rester bloqué dans un état de protection, incapable de retrouver pleinement un sentiment de sécurité. C’est alors que certaines personnes ont l’impression de ne plus vivre, mais de survivre. :

« Je ne suis plus la même personne. »
, c’est probablement la phrase que j’entends le plus souvent et cette phrase est profondément juste, parce qu’après certaines épreuves de vie, il existe un avant et un après.

Le travail thérapeutique n’a pas pour objectif de revenir en arrière, Il est impossible de redevenir exactement celui ou celle que nous étions mais il aide à traverser, à accompagner l'évolution car il est possible de construire une nouvelle version de soi. Une version qui n’oublie pas son histoire mais qui ne la subit plus..

Sortir de sa zone de confort

(qu’on peut aussi appeler selon les cas « zone de misère »ou « zone je passe à côté de ma vie ») demande du courage pour se connecter à ses ressources avec un esprit calme (esprit observateur) et non avec l’esprit pensant (esprit qui raconte un tas d’histoires et catastrophes, normal car c’est ce à quoi il a été entrainé pour l’évolution de l’espèce).
Avoir du courage ce n’est pas ne pas avoir peur, c’est avoir peur et y aller quand même (en étant bien préparée). La peur lorsqu’elle est apprivoisée n’est plus un obstacle, un ennemi à combattre mais une alliée, une énergie mobilisable.

Dans notre société, on confond souvent l’acceptation avec la résignation, accepter ne veut pas dire renoncer.

L'idée c'est comment travailler avec l’intensité en accueillant les émotions, sans les refouler ni se faire submerger, sans fuir, ni combattre.
Il faut de la persévérance, du courage, de la patience, de l’entrainement et cela s’adoucit, se libère et alors nous pouvons utiliser leur énergie pour poser une action utile (parole, acte, prendre soin de soi …) utiliser leur énergie pour faire des choix conscients qui nous correspondent vraiment plutôt que des choix réactifs, émotionnels qui sont en réalité des non-choix.
Les émotions sont de l’énergie pour nous mettre en mouvement. Ces parties de nous qui s’inquiètent veulent notre bien.

Lutter contre elles, c’est lutter contre soi-même et cela ne fait pas avancer.

Voilà pourquoi tenter une nouvelle approche en allant à leur rencontre, en les apprivoisant, en leur accordant une attention douce. De cette façon on s’aperçoit que même au cœur de l’intensité, on peut trouver une dose de tranquillité et d’acceptation.

L’acceptation est toujours le premier pas à la transformation.

De cette façon il devient possible de vivre sa vie en création et non en réaction et cela change tout.

Accepter signifie simplement reconnaître que quelque chose a changé. C’est arrêter de lutter contre une réalité que l’on ne peut plus modifier.

Comme l’écrivait Boris Cyrulnik, la résilience ne consiste pas à effacer la blessure, mais à apprendre à vivre autrement avec elle.

Une nouvelle vie ne commence pas lorsque tout est réparé.

Elle commence lorsque l’on cesse de vouloir retrouver coûte que coûte l’ancienne.

Le panneau « New Life » n’indique pas que le chemin sera facile, il rappelle simplement qu’une direction est possible. Parfois, le premier pas n’est pas de devenir quelqu’un d’autre. C’est d’accepter de dire au revoir à la personne que nous étions, afin de laisser émerger celle que nous sommes en train de devenir.

Parce que guérir ne signifie pas retrouver son ancienne vie, guérir, c’est apprendre à habiter pleinement la nouvelle.



Références cliniques

* Bessel van der Kolk – Le Corps n’oublie rien (psychotraumatisme et mémoire corporelle).
* Stephen Porges – La théorie polyvagale (sécurité neurophysiologique).
* Boris Cyrulnik – Un merveilleux malheur (résilience).
* William Worden – Grief Counseling and Grief Therapy (travail de deuil).
* Elisabeth Kübler-Ross – travaux fondateurs sur les processus de deuil.
* Serge Tisseron – travaux sur les pertes psychiques et les remaniements identitaires.

By Sandy Surace Domenech
www.sandy-psy.fr

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